Telecom’Hand : les objets connectés au service des métiers terrain

Dans ce nouvel article, nous allons parler de la société Telecom’Hand qui innove en proposant des solutions pour faciliter les métiers terrain. Dans la construction, les conditions de travail sur le terrain sont assez rudes. Grâce à une technologie innovante d’objets connectés, elle permet de contrôler, diriger, interagir avec des engins directement sur les chantiers.

  • Raison sociale : SIATECH SAS
  • Date de création : 19/04/16
  • Effectifs : 3 Fondateurs, 2 stagiaires
  • Localisation : Rouen
  • Contact : frederic.hamain@telecomhand.com, 06 66 61 25 16
  • Site web : www.telecomhand.com

telecomhand

  • Pouvez-vous nous expliquer plus précisément le but de votre solution ?

L’idée de contrôle intuitif de son environnement est venue d’un besoin d’un des fondateurs. Frédéric aime écouter de la musique quand il court. Mais lorsqu’il souhaite modifier sa musique ou le volume, il est obligé de casser sa course. Il a donc développé un dispositif électronique positionné sur la main, lui permettant d’interagir avec sa musique du bout des doigts.

Nous avons développé la même chose pour nos présentations. Cela déclenche toujours un certain intérêt lorsque nous présentons notre projet, en manipulant les slides d’un geste de la main. Pour casser cet aspect gadget, nous sommes allés rencontrer des industriels pour détecter un réel besoin.

Dans le secteur tel que la logistique, les opérateurs se servent de télécommande en même temps qu’ils effectuent des tâches récurrentes. Notre dispositif apporte un gain de productivité (environ 20%) et de confort d’utilisation en intégrant la télécommande directement sur le corps de l’utilisateur.

Un démonstrateur fonctionnel a été développé sur le pont roulant de notre partenaire industriel et avalidé l’intérêt de différents industriels. Nous sommes actuellement en cours de prototypage industriel pour cette application pont roulant. En juillet dernier, un acteur majeur de la logistique interne est venu vers nous pour un développement personnalisé pour équiper des préparateurs de commande.

Nous restons à l’écoute de toute autre opportunité de marché en continuant à visiter différents types d’entreprises. Notre produit est directement intégré sur le corps de l’utilisateur. Il n’y a plus de risque de perte ou de casse. L’objet est léger et ergonomique. Le but est que l’utilisateur le mette au début de sa journée de travail, puis « l’oublie ». De plus, nous avons souhaité rendre notre produit le plus simple et intuitif possible. Grâce à un simple geste, l’utilisateur dirige l’objet à contrôler.

  • Comment décririez-vous le marché dans lequel vous évoluez ?

Le secteur industriel, après quelques années de prudence, a vraiment compris l’intérêt du digital et du numérique, et les avantages qu’il pouvait en tirer. Drones, big data, objets connectés sont des opportunités pour tous ces secteurs. Actuellement, il y a une vraie réflexion sur l’augmentation de la productivité dans les entrepôts, mais également de la place de l’Homme et de sa réelle plus value par rapport aux machines. En effet, un Homme ne pourra jamais travailler 24/7 et se fatiguera contrairement à la machine, mais il est capable d’improviser et de s’adapter, ce qui n’est pas encore possible pour les robots industriels, et ne le sera pas avant de nombreuses années.

D’où le terme cobotique qui nous plait particulièrement où l’Homme et la machine coopèrent et tirent le meilleur de leurs atouts respectifs. Pour revenir au secteur industriel, les entrepôts se modernisent et sont repensés pour automatiser toute la chaîne de valeur.

Si on fait un zoom sur les moyens de commande de toutes les machines, au sens large, on est plus sur l’ajout de fonctionnalités et de boutons que sur la refonte de l’interface homme machine.

  • Comment vous situez-vous par rapport à vos concurrents ?

Nous proposons un produit différent, qui permet d’intéragir avec son environnement avec de simples gestes. Si vous souhaitez que votre machine aille vers la droite, vous appuyez sur le contacteur situé sur votre doigt, et vous déplacez votre main vers la droite. Tant que le contacteur est activé, la machine se déplace. Dès que l’on relâche, l’appareil se met en position de repos. Nous nous différencions donc des principaux constructeurs de télécommandes classiques, type « boitiers », qui comportent un bouton pour une fonctionnalité/direction. Cependant, les constructeurs historiques de machines sont actuellement à la recherche d’une commande « mains libres », et un constructeur américain propose un bouton « marche/arrêt » directement sur son gant de sécurité, pour le picking. Ce qui se rapproche de notre philosophie.

  • Quel est votre modèle économique ?

Nous souhaitons à terme passer par des distributeurs, pour la vente de nos produits. Notre pack, comprendre une partie émission (le produit : bague + bracelet), une partie réception qui vient s’interfacer avec la machine à piloter, une garantie, un service après vente et une mise à jour du logiciel.

  • Qui sont vos clients ?

Nos clients sont les utilisateurs d’engins dans un premier temps, mais également les constructeurs de machine. Et nous sommes actuellement en discussion avec des distributeurs.

  • Selon vous, quels sont les principales problématiques et les principaux enjeux auxquels votre marché doit faire face ?

Pour ne pas paraphraser ma réponse à la question 2, je dirais qu’il faut que les industriels prennent le temps de regarder les solutions existantes, qui sont pléthores, et n’hésitent pas à poser des questions, même si elles sont naïves. Il est normal de ne pas tout connaitre, à la vitesse où les choses évoluent dans le milieu technologique. Par exemple, nous travaillons avec un pôle de compétitivité sur la logistique et je pense qu’ils sont à même de conseiller les entreprises curieuses. En ce qui concerne le marché de la télécommande, on est plus sur de l’amélioration continue, que de la disruption. A voir si notre produit de rupture plait aux utilisateurs et convient à leurs attentes. Dans tous les cas, notre premier produit n’a pas été développé dans un laboratoire, coupé du monde, mais a évolué grâce aux retours de notre partenaire industriel, qui est un utilisateur et un constructeur de ponts.

  • Quel est le principal problème dans le développement de votre société et comment pensez-vous le résoudre ? et votre principal atout ?

Notre produit a été testé sur un pont roulant, mais il est possible de s’interfacer sur d’autres appareils type grues, palans… Il permet d’avoir les mains libres, et de concentrer son regard sur l’objet à contrôler. Il permet également un gain de productivité de l’ordre de 20%, car l’opérateur a toujours son moyen de commande à portée « de main ». Il y a donc, je pense, des applications dans le monde de la construction, même si j’avoue ne pas connaitre toutes les machines de ce secteur. Nous restons cependant à l’écoute des professionnels concernant leurs problématiques terrain.

  • Comment vous voyez-vous dans plusieurs années ? en termes de clients, financement ?

Nous souhaitons, à terme, proposer une télécommande universelle, quasiment invisible, permettant de contrôler tout son environnement, que ce soit au travail, à la maison ou dans les transports.

Aujourd’hui le contrôle se fait grâce à la main, par des gestes, mais on peut imaginer un contrôler avec le pied, ou pourquoi pas le système nerveux. Mais nous n’en sommes pas encore là.

Nous tenons à remercier  pour son temps lors de la réalisation de cette interview.

Propos recueillis par l’équipe BulldozAIR, créatrice d’Apéro Chantier Innovation et de la plateforme collaborative BulldozAIR.

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